Comité interministériel du Tourisme : les grandes annonces à retenir

Edouard Philippe a pris la parole jeudi midi à l’issue du Comité interministériel du Tourisme très attendu par toute la profession. Le plan de relance du tourisme représente un engagement sans précédent de 18 milliards d’euros pour les finances publiques. Tour Hebdo fait le point.

1/ Les vacances en France sont autorisées

Après des semaines d’attente, cette annonce était certainement la plus attendue : les Français vont pouvoir partir en vacances en France cet été en métropole et en Outre-mer. « Les Français pourront partir en vacances en France au mois de juillet et au mois d’août« , a annoncé le Premier ministre, sous réserve toutefois « de possibles restrictions très localisées » en fonction de l’évolution de l’épidémie de coronavirus.

 

2/ Feu vert pour les réservations estivales

Les Français peuvent dès aujourd’hui commencer à organiser leurs vacances d’été :  Ils « peuvent prendre leurs réservations« , a-t-il affirmé. Valérie Boned, secrétaire générale des Entreprises du Voyage, a réagi sur BFM TV à cette bonne nouvelle : « Il faut profiter de cet espace ouvert pour préparer les vacances (…) Nous allons privilégier la vente de la France en agences de voyages, qui représente déjà 33% des réservations », a-t-elle indiqué jeudi en début d’après-midi.

 

3/ Les voyages en France annulés seront remboursés intégralement

C’est une mesure inédite prise par les professionnels du tourisme : « Les acteurs du tourisme, de l’hôtellerie, se sont engagés à faire en sorte qu’ils (les clients, ndlr) soient intégralement remboursés dans l’hypothèse où l’évolution de l’épidémie ne rendrait pas possible le départ en vacances ».

« Cette garantie intégrale du remboursement jusqu’au dernier moment porte sur les voyages en France en juillet et août. Nous voulons rassurer les clients : si leur voyage n’est pas possible en France, nous rembourserons, nous nous y engageons« , a confirmé Valérie Boned.

 

4/ Les dispositifs sur le chômage partiel et le fonds de solidarité prolongés

Deux revendications du secteur ont été entendues par le gouvernement : le recours à l’activité partielle sera possible jusqu’à la fin du mois de septembre 2020 dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui. « Il restera ensuite ouvert si les activités reprennent trop doucement » mais dans des conditions qui seront « revues« . Edouard Philippe a rappelé que la « quasi totalité du secteur a aujourd’hui recours au chômage partiel ».

De plus, l’accès au fonds de solidarité, pour les entreprises du secteur des cafés, hôtels, restaurants, du tourisme, de l’événementiel, du sport et de la culture, sera prolongé jusqu’à fin de l’année 2020 pour les entreprises ayant jusqu’à 20 salariés et 2 millions d’euros de chiffre d’affaires.

 

5/ De nouvelles aides pour soutenir le secteur

« Le gouvernement ne veut pas prendre le risque de laisser sinistré un secteur si important pour le pays« , a affirmé Edouard Philippe.

Plusieurs nouvelles mesures ont donc été annoncées comme la création d’un prêt garanti Etat « saison » dédié au secteur et plus favorable que le prêt garanti classique avec un plafond qui peut atteindre le chiffre d’affaires des 3 meilleurs mois de l’année précédente, mais aussi une rallonge de l’enveloppe de BPI France qui passe de 250 millions d’euros à 1 milliard d’euros. « Cela va permettre à beaucoup d’acteurs de passer cette étape dans de bien meilleures conditions« , estime le Premier ministre.

De plus, les banques se sont engagées à systématiquement proposer aux PME du secteur un report des mensualités de tous leurs prêts sur 12 mois et non plus sur 6 mois.

Les cotisations sociales et patronales dues entre mars et juin seront par ailleurs exonérées et cela « tant que la fermeture durera« . Enfin, un crédit de cotisation de 20% des salaires versés depuis février sera accordé aux entreprises pour accompagner la reprise d’activité. Il sera imputable sur l’ensemble des cotisations dues. « C’est sans précédent« , note Edouard Philippe.

Au total, ces allègements de cotisations représentent plus de 2 milliards d’euros d’aides directes. « C’est massif, c’est nécessaire et cela produira l’effet recherché« , a-t-il affirmé.

 

6/ Vers une réouverture des restaurants dans les zones vertes le 2 juin

Certains restaurateurs entrevoient peut-être le bout du tunnel. Edouard Philippe a annoncé une possible réouverture des cafés et restaurants dans les prochaines semaines.

« Nous devons fixer un cap et ouvrir les horizons« , a indiqué le Premier ministre. Pour les cafés et restaurants situés dans les zones vertes, « une réouverture le 2 juin pourra être envisagée si l’évolution de l’épidémie ne se dégrade pas et sous réserve que les mesures sanitaires recommandées par le Haut Conseil de Santé publique soient parfaitement respectées« , a-t-il annoncé. Cette date devra être confirmée lors de la semaine du 25 mai.

En attendant, « il faut que notre capacité à contenir l’épidémie soit démontrée jusqu’au 2 juin et que les restaurateurs » se préparent à « appliquer les protocoles sanitaires« , a-t-il précisé.

De son côté, l’UMIH a fait savoir que le travail en lien avec les services de l’Etat sur les protocoles sanitaires n’est pas terminé.

Concernant les restaurants situés en zone rouge, aucune date de réouverture n’a été annoncée.

Auteur

  • Céline Perronnet

Source : Comité interministériel du Tourisme : les grandes annonces à retenir

Bilan : négociations de Branche

En ce qui concerne les négociations de Branche, la fusion de 3 conventions collectives Agences de Voyages, Guides Conférenciers IDF et Guides Accompagnateurs aborde depuis  septembre les points difficiles, ceux que – à tord peut-être – on garde pour la fin !

Heures d’équivalence (!!!?)

Les syndicats patronaux, EDV et SETO, souhaitent introduire dans la rémunération des guides et accompagnateurs la notion d’heures d’équivalence : lorsque les guides conférenciers ou les guides accompagnateurs  « sont dans le bus à ne rien faire » (pour reprendre une expression maladroite utilisée et sous-entendue par les organisations patronales) leur rémunération serait diminuée.

Cette « nouveauté » fait évidemment débat et les principaux concernés, adhérents à la CFTC et consultés pour l’occasion, ne veulent pas entendre parler de ces soit disant « heures d’inactivité » ! 

La Formation

Octobre a été l’occasion, pour le binôme qui siège à la Commission Emploi et Formation de la Branche (Philippe et Estelle), de négocier un accord améliorant le dispositif Pro-A issu de la réforme de la Formation Professionnelle Continue et qui concerne les contrats en alternance. Ils ont également participé, malgré les tentatives d’écartement des délégations CGT et CGT/FO, à la mise en place du Conseil des Métiers dédié aux agences de voyages à l’OPCO Mobilité. 

Congrès de Marseille

Enfin, difficile de terminer sans évoquer le Congrès Confédéral de Marseille, l’occasion de fêter le centenaire de la CFTC. Un rendez-vous très réussi ! Merci encore aux organisateurs et aux bénévoles !
Ce fut l’occasion, pour la CFTC des Agences de Voyages, d’essayer de se faire modestement entendre face aux enjeux des  élections syndicales fin 2020 dans les TPE, en rappelant que les agences de moins de 11 salariés représentent 90 % des entreprises de la Branche !

Travaux de la CPPNI (commission paritaire permanente de négociation et d’interprétation)

La CPPNI, en plus de se charger de la fusion des Conventions Collectives, a examiné ces derniers mois les résultats du contrat mutuelle recommandé par la Branche et géré par AG2R.

Des résultats positifs


Ce contrat enregistre  des résultats  positifs depuis sa mise en place en janvier 2016, ce qui a permis de renforcer certains remboursements (notamment liés à la maternité) et de baisser les cotisations des salariés.


Pour information, cette mutuelle ne compte malheureusement que 172 entreprises affiliées (dont 167 sont des agences de voyages de moins de 20 salariés), avec une cotisation de base de 30€ par mois.


Dans le cadre de ces échanges, la CFTC à fait entendre sa petite voix particulière en revendiquant la prise en compte des pathologies spécifiques aux métiers des agences de voyages : problèmes de vue liés au travail sur écran ; problèmes auditifs liés au port du casque téléphonique ; problèmes de lombalgie et de TMS liés à la position assise des agents de voyages.


Les négociateurs CFTC à la CPPNI continueront tout au long de l’année 2020 à promouvoir à la fois une prise en charge améliorée de ces pathologies, mais aussi des actions de prévention.


Ce fut le cas lors de la négociation ouverte en novembre sur la signature d’une convention de gestion du Fonds Social.

Utilisation du Fonds Social


En effet, chaque mutuelle d’entreprise obligatoire doit réserver 2% des cotisations à un fond chargé de financer des actions « à haut degré de solidarité ». Dans la Branche des Agences de Voyages, ce fond est dédié depuis 3 ans à la prise en charge des cotisations des apprentis.


MAIS : aucune demande n’ayant été faite depuis 3 ans, la CFTC à demandé avec insistance que ces fonds cumulés soient étendus au financement d’autres actions.
Désormais, ils permettront aussi la prise en charge des cotisations des jeunes en contrat en alternance, tout comme celles, pendant un an, des familles de salariés décédés affiliés au contrat AG2R.

Des actions de prévention et du suivi


La CFTC à demandé la mise en place d’une commission de suivi ainsi que la liste des entreprises adhérentes ; et vos négociateurs ont aussi réaffirmé leur demande d’actions de prévention et ont annoncés être en faveur d’une mutualisation de ce fond de solidarité à l’ensemble des entreprises de la Branche des Agences de Voyages et pas uniquement aux agences affiliées au contrat AG2R.


Grâce au réseau CFTC des porteurs de mandats nationaux, des contacts ont été pris avec l’ARACT et l’ANACT (Agence Régionale/Nationale d’Amélioration des Conditions de Travail) pour définir en amont comment intervenir au niveau de la CPPNI pour promouvoir effectivement des action de Prévention.