Formation professionnelle : couacs en stock chez les Opco, les nouveaux opérateurs de compétences

Les organismes de contrôles font du zèle administratif alors que l’urgence sur le front de l’emploi impose réclame vitesse et agilité

Source : Formation professionnelle : couacs en stock chez les Opco, les nouveaux opérateurs de compétences

Les faits – Les opérateurs de compétences (Opco), qui ont remplacé les OPCA il y a un an, ont conservé la même culture du contrôle et imposent aux entreprises et aux organismes de formation « des demandes administratives farfelues », selon les acteurs du terrain.

C’est un exemple supplémentaire des lourdeurs bureaucratiques qui ont pénalisé le pays ces dernières semaines, quand l’urgence de la crise réclame vitesse et agilité. Le mois dernier, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a fait savoir aux entreprises que l’Etat prendrait en charge 100 % du coût de la formation de leurs salariés en activité partielle. En 2008-2009, l’Etat avait déjà proposé aux chômeurs un accès facilité aux fonds national pour l’emploi, mais la complexité administrative en avait rebuté plus d’un.

Cette fois-ci, le gouvernement a donc pris soin de faire simple : une demande auprès des directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) suffit à lancer la procédure.

Seulement voilà, très sollicité durant la crise, les Direccte ont délégué le dossier aux  Opco. Organismes paritaires, ces opérateurs de compétences  « ont pour missions de financer l’apprentissage, d’aider les branches à construire les certifications professionnelles et d’accompagner les PME pour définir leurs besoins en formation », indique le ministère du Travail.

Ce sont eux qui ont remplacé il y a un an les OPCA (organismes paritaires collecteurs agréés) qui étaient en plus en charge de la collecte des trente milliards d’euros de la formation professionnelle. Mais si la loi « liberté de choisir son avenir professionnel » a permis d’assouplir la lourdeur du contrôle administratif des OPCA, certaines pratiques ont la vie longue.

« Ces organismes sont contraints de produire de la rigidité administrative pour justifier leur existence »

Blocages. Depuis deux semaines, les retours du terrain « sont un peu compliqués », note un acteur de la formation professionnelle sous couvert d‘anonymat. « Il faudrait pourtant que le système soit simple et rapide. Or les blocages administratifs se multiplient. On a vu des demandes de renseignements farfelus comme l’obligation d’avoir le logo du ministère du Travail sur tous les documents, des demandes de programmes de travail découpés en séquences pédagogiques, des myriades de détails sur la nature des travaux demandé aux stagiaires, les moyens d’accompagnement techniques, etc. Les organismes de formation comme les entreprises vont y passer des semaines. Or, le temps presse. Les Opco n’ont pas réussi à s’adapter à la crise », constate ce dernier.

Cas isolés ou problème généralisé ? Difficile à dire. Au ministère du Travail, on assure qu’il faut laisser un peu de temps pour que les choses se mettent en place. Mais pour le directeur de la recherche de l’Institut Sapiens, Erwann Tison, qui a publié une étude il y a un an intitulée « Repenser la formation professionnelle face à la transition digitale  », ces lourdeurs administratives n’ont rien d’une surprise.

« La réforme Pénicaud qui a transformé les OPCA en Opco va dans le bon sens. Mais il a fallu trouver un consensus autour de la création des nouveaux organismes de compétences, qui ont conservé beaucoup de pratiques venues des OPCA, notamment cette culture administrative. Ces organismes sont contraints de produire de la rigidité administrative pour justifier leur existence », indique-t-il. Alors que près d’un demi-million d’emplois ont été détruits au premier trimestre après seulement deux semaines de confinement, l’urgence est pourtant d’accélérer tous les processus de retour à l’emploi et de montée en compétences. « Il faut absolument davantage de fluidité administrative », insiste Erwann Tison. C’est vrai pour la formation professionnelle, comme pour beaucoup d’autres secteurs en France.

Auteur :

Raphaël Legendre

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