Réouverture des frontières : Jean-Baptiste Lemoyne milite pour une coordination européenne

Citant l’Espagne et l’Italie, le secrétaire d’Etat en charge du Tourisme prône une « coordination pour la réouverture des frontières intra-européennes ».

A la veille de la saison estivale, le sujet des frontières revient en boucle. Jean-Baptiste Lemoyne l’a évoqué une nouvelle fois, lors de son point presse du 26 mai, juste après une réunion du Comité de filière tourisme. Au niveau européen, « il y a besoin de coordination pour la réouverture des frontières intra-européennes – quand elles ont été fermées, a indiqué le secrétaire d’Etat en charge du Tourisme. J’ai affirmé de façon vocale ce besoin de coordination parce que (précédemment) on avait assisté à un certain nombre de déclarations unilatérales. »

Même si l’Italie, la Grèce ou encore l’Espagne ont déjà annoncé la réouverture de leurs frontières, Jean-Baptiste Lemoyne se veut rassurant : « Ce consensus est en train de se faire. D’ailleurs, la ministre des Affaires étrangères espagnole Arancha Gonzalez évoquait ce matin des règles européennes communes pour la réouverture des frontières. Le ministre des Affaires étrangères italien (Luigi Di Maio), également, a appelé à une reprise coordonnée des déplacements en Europe le 15 juin. Et le 15 juin, c’est un peu la date que j’ai évoquée un peu comme la date-pivot, qui à mon avis permettrait de pouvoir commencer à avoir des déplacements intra-européens ».

« A la mi-juin, nous aurons au niveau européen une vision un peu complète, pour une possible entrée en vigueur fin juin ou début juillet », avait déclaré la semaine dernière Jean-Baptiste Lemoyne.

Un clin d’œil aux touristes belges et néerlandais

La possible réouverture des frontières cet été semble faire l’unanimité au sein du Quai d’Orsay, comme le montre ce tweet du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Baptiste Le Drian.

Mais le gouvernement se montre toujours hésitant, ou au moins un peu confus dans ses prises de parole. « Cette année, l’idée est plutôt de passer ses vacances en France », a déclaré dimanche dernier, la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne.

« Le premier moteur de la reprise du tourisme en France sera le moteur national, a ajouté ce midi, Jean-Baptiste Lemoyne. Néanmoins, nous serons très heureux aussi, si les conditions sanitaires le permettent, d’accueillir un certain nombre de clientèles voisines, européennes proches. Je pense à nos amis belges, néerlandais, pour pouvoir leur dire ‘bienvenue en France’ » Sur le sujet des frontières, le « travail est en cours », avec une aspiration à « une coordination plus étroite », et « un principe de réciprocité » entre deux pays européens. S’agissant de la levée des restrictions de déplacements en dehors du Vieux continent, la France prévoit un calendrier plus tardif.

Source : Réouverture des frontières : Jean-Baptiste Lemoyne milite pour une coordination européenne

L’association Respire planche sur l’avenir du tourisme

L’idée de l’association Respire – Le tourisme de demain a germé dans l’esprit de Fabio Casilli, ancien patron d’Italie & Co, au début du confinement. Avec pour objectif de réinventer le tourisme à l’heure de la crise liée au coronavirus.

« Mi-mars, je me suis réveillé et je n’avais pas le moral par rapport à ce qui commençait à se passer pour le tourisme. Je me suis même posé la question de partir sur autre chose, dans un autre secteur. Mais non, j’ai fini par me dire qu’il y avait quelque chose à faire. J’ai décidé de chercher comment aller de l’avant et dépasser cette crise. » Ces mots, ce sont ceux de Fabio Casilli. L’ancien patron d’Italie & Co a d’abord lancé un groupe sur le réseau social Facebook baptisé « Voyage 2.0 le tourisme de demain ». Avec pour but de réunir toutes les personnes souhaitant réfléchir aux grandes tendances de demain.

Rapidement, Guillaume Linton, PDG d’Asia, et Frédéric d’Hauthuille, fondateur du groupe Globaltours, font partie des nombreuses personnes à rejoindre le groupe. « On a commencé à organiser des réunions sur Zoom [l’outil permettant de gérer des visioconférences, NDLR]. D’une par semaine, nous sommes passés à deux. Et rapidement, nous avons atteint les 600 inscrits sur le groupe Facebook ! », raconte Fabio Casilli.

Face à cette vague d’enthousiasme, il décide de structurer le groupe Facebook en une véritable association. Actuellement, plus de 1 370 personnes ont rejoint le groupe et jusqu’à 150 autres s’inscrivent chaque semaine. La procédure de création de l’association Respire – Le tourisme de demain est donc en cours et des élections ont déjà été effectuées pour créer un bureau.

Les groupes d’études de Respire sont déjà au travail

Sans surprise, Fabio Casilli a été nommé président et Sabri Trabelsi (Arctour), vice-président. Lysiane Le Mentec (Un Océan de Croisières), Nathalie Trichard (Envies d’Aill’Eure), Stéphane Michaut (Plus belle l’Europe), Emilyne Chaumont (ELSTARECON Evénements & Conseils), Frédéric d’Hauthuille, Eric Baetens (Eric & The Trip) et Guillaume Linton complètent le bureau de la toute nouvelle structure. « Nous allons mettre en place une petite cotisation et communiquons beaucoup sur Facebook et Linkedin et continuons d’organiser nos réunions sur Zoom », précise le président élu mi-mai.

Différents groupes d’études ont également été créés pour balayer l’ensemble des sujets liés au tourisme de demain : formation, tourisme et handicap, emploi, tourismophobie, nouvelles mobilités, agence de voyages de demain, nouvelles technologies, tourisme vertueux, nouveaux métiers du tourisme… « D’un groupe de réflexion entre copains, on a créé un groupe d’intelligence participative. Et des initiatives similaires sont en train de se structurer aussi en Italie, en Allemagne… Nous allons donc naturellement travailler tous ensemble pour mutualiser les informations », ajoute Fabio Casilli. Et de conclure : « Au sein de Respire, tout le monde a le droit de s’exprimer. »

Auteur

  • Manon Gayet

Source : L’association Respire planche sur l’avenir du tourisme

Les voyagistes reportent tous les départs jusqu’au 26 juin

Près de 4 mois après avoir annoncé les premières restrictions de voyages, les membres du SETO viennent de décider de prolonger, une fois de plus, le report des voyages à forfait.

Les tour-opérateurs français ont annoncé vendredi 15 mai le report de tous les départs prévus jusqu’au 26 juin, en raison des effets liés à la pandémie de Covid-19 et notamment la fermeture des frontières.

La veille, le gouvernement avait annoncé que les Français pourraient partir en vacances en France en juillet et en août, en dépit de l’épidémie, mais l’incertitude demeure sur la réouverture des frontières, à l’intérieur de l’Europe comme ailleurs.

En conséquence, les voyagistes se voient de nouveau contraints de reporter l’ensemble des voyages à forfait. « Compte tenu de l’évolution de la crise sanitaire et des derniers développements et décisions en matière de restriction de voyages, le SETO (Syndicat des Entreprises du Tour Operating), s’est à nouveau réuni avec les principaux tour-opérateurs opérant sur le marché français. A l’issue de cette réunion, le SETO recommande à ses membres de reporter tous les départs jusqu’au vendredi 26 juin 2020 inclus« , a indiqué vendredi le SETO dans un communiqué.

Informer les clients dans les meilleurs délais

Le syndicat précise que « Cette disposition peut être adaptée en fonction des possibilités de réouvertures de destinations suite à l’annonce de la fin du confinement en France mais également en fonction des contraintes des compagnies maritimes et fluviales ».

Pour les voyages concernés, les tour-opérateurs doivent en informer leurs clients dans les meilleurs délais.

Pour rappel, depuis l’ordonnance signée par le gouvernement le 25 mars, les TO ont la possibilité de proposer à leurs clients, sur une période allant du 1er mars au 15 septembre 2020 inclus, un remboursement sous la forme d’une proposition de prestation identique ou équivalente, ou par le biais d’un avoir valable 18 mois, dans le but de sauvegarder la trésorerie des opérateurs tout en respectant le droit des consommateurs.

A eux seuls l’an dernier, les 70 tour-opérateurs membres du SETO ont fait voyager 6,3 millions de clients. La toute première restriction en raison de l’épidémie avait été émise le 26 janvier par le syndicat et concernait les voyages organisés vers la Chine.

Auteur

  • Céline Perronnet

Source : Les voyagistes reportent tous les départs jusqu’au 26 juin

Le groupe Marietton va-t-il prendre le contrôle de TUI France ?

Hans Van de Velde, PDG de TUI France. Copyright Alexandre Nestora

La maison-mère allemande du voyagiste chercherait à se désengager du marché français, mettant ainsi l’avenir de TUI France entre de nouvelles mains.

TUI Group va-t-il se séparer de TUI France ? C’est ce qu’évoque un article publié dans Les Echos. TUI France, qui compte parmi les plus importants TO du marché français avec le Club Med, n’en demeure pas moins déficitaire depuis son implantation sur le marché tricolore.

Le voyagiste aurait englouti plus d’un milliard d’euros depuis son entrée au capital de l’ex-groupe Nouvelles Frontières en 2002. Comme nous le confiait Hans Van de Velde, le PDG de TUI France, dans le numéro 3190 de L’Echo touristique, TUI France « a essayé beaucoup de choses, comme le rachat de Transat France […] mais cela n’a pas suffi. Nous ne pouvons pas nous reposer éternellement sur le groupe TUI ».

Laurent Abtibol refuse de commenter

La maison-mère de TUI France, basée à Hanovre, réfléchirait donc à prendre ses distances avec le marché français. « L’hypothèse d’une prise de contrôle de TUI France par Marietton Développement circule avec insistance », souligne notre confrère Christophe Palierse des Echos. Cette rumeur courait déjà avec insistance lors de l’IFTM 2019. Interrogé lors du salon sur cette rumeur par L’Echo touristique, Laurent Abitbol, président de Marietton Développement, l’avait démentie. Joint ce matin par téléphone, il nous répond simplement « sans commentaires ». Le groupe piloté par ses soins est en tout cas l’un des seuls à avoir les moyens de s’offrir TUI France. Mais il ne serait pas le seul sur les rangs, selon nos informations.

Toujours dans le numéro 3190 de L’Echo touristique, Hans Van de Velde indiquait « [discuter] avec différentes sociétés – françaises, internationales – pour envisager des partenariats stratégiques. Nous sommes ouverts à̀ beaucoup de solutions pour que le marché français soit plus sain », sans toutefois citer de nom. Le dossier pourrait bouclé dans les prochaines semaines. Pour l’instant, TUI France, que nous avons interrogée ce matin, se refuse à tout commentaire.

Une prise de participation à hauteur de 45% ?

Selon plusieurs sources, Marietton Développement prendrait les commandes de TUI France, avec la mise en place d’un régime de location-gérance, ajoute le quotidien économique. Le groupe familial, basé à Lyon, monterait au capital de TUI France à hauteur de 45%. Le groupe TUI conserverait le même niveau de participation, tandis que les salariés de TUI France se partageraient les 10% de capital restant.

Un modèle qui semble calqué sur celui du désengagement de TUI France de la compagnie aérienne Corsair, actée en début d’année, et qui avait provoqué le départ de Pascal de Izaguirre, le PDG de TUI France. Et une information qui pourrait alourdir un peu plus le moral des salariés dans l’entreprise, alors que la menace d’un plan social plane depuis plusieurs mois. La restructuration n’est pas terminée.

Florian De Paola et Linda Lainé

Source : Le groupe Marietton va-t-il prendre le contrôle de TUI France ?

Le Club Med protège les clients qui ont réservé via Thomas Cook

Le Club Med a annoncé prendre des mesures pour protéger ses clients, suite à la faillite de Thomas Cook, afin de maintenir leur séjour.

“Club Med, qui assure de bout en bout la prestation de voyage dans ses propres resorts, protège ses clients ayant réservé avec Thomas Cook France”, indique la marque au trident dans un communiqué. Le Club Med (groupe Fosun) confirme ainsi aujourd’hui que l’ensemble des clients qui ont réservé avec Thomas Cook et qui sont actuellement dans l’un de ses resorts, poursuivent leur séjour normalement.

Une ligne téléphonique mise en place

Les clients ayant réservé un séjour avec Thomas Cook et qui, à ce jour, ont réglé le solde de leur dossier, pourront partir comme prévu. Le Club Med précise par ailleurs qu’un numéro a été mis en place pour répondre aux questions des clients ayant effectué une réservation via Thomas Cook : le service est joignable au 0800 407 116, 7 jours sur 7 de 9h à 20h (de 10h à 18h le dimanche).

Le Club Med a en outre indiqué « travailler avec les diverses parties prenantes, dont l’Association Professionnelle de Solidarité du Tourisme (APST), pour continuer de préserver les intérêts de ces clients ». Thomas Cook (réseau intégré) représente 4% du volume d’affaire du Club Med en France, souligne l’entreprise dans ce communiqué.

Source : Le Club Med protège les clients qui ont réservé via Thomas Cook

Thomas Cook est aujourd’hui au bord de la faillite

Thomas Cook tente des négociations de la dernière chance pour éviter la faillite et le rapatriement de ses 600 000 touristes dans le monde.

Le compte à rebours a commencé pour le voyagiste britannique Thomas Cook qui tenter aujourd’hui dimanche d’échapper à une retentissante faillite lors d’une réunion entre actionnaires et créanciers. Un conseil d’administration dans l’après-midi doit déterminer du sort du groupe.

Le pionnier des tour-opérateurs Thomas Cook doit trouver 200 millions de livres (227 millions d’euros) de financements supplémentaires pour éviter l’effondrement et le rapatriement de ses 600 000 touristes à travers le monde. L’option de nouveaux investisseurs privés semblait exclue samedi matin d’après une source proche du dossier. Le groupe aurait interpellé le gouvernement pour injecter les fonds manquants.

600 000 touristes à rapatrier

La possible faillite du plus ancien voyagiste au monde serait un coup de tonnerre pour le tourisme européen. Thomas Cook devrait organiser immédiatement le rapatriement de 600 000 touristes à travers le monde, dont 150 000 Britanniques, ce qui en ferait l’opération la plus importante depuis la Seconde guerre mondiale dans le pays.

Les vacanciers britanniques qui ont acheté un voyage à forfait bénéficient d’un système de protection des voyageurs, ce qui signifie que le gouvernement serait obligé de lancer le plus important rapatriement de citoyens britanniques en temps de paix, à un coût estimé à 600 millions de livres sterling pour le contribuable, souligne The Guardian. Lorsque Monarch Airlines s’était effondrée en 2017, le gouvernement et l’Autorité de l’aviation civile avaient affrété 60 avions vers 30 destinations pour ramener chez eux 100 000 Britanniques bloqués, ajoute le quotidien britannique.

Un groupe de 22 000 salariés

A la fois tour-opérateur, distributeur et compagnie aérienne, le groupe réalise environ 10 milliards de livres (11,32 milliards d’euros) de chiffre d’affaires par an. Thomas Cook compte environ 22 000 salariés, dont 9 000 pour le Royaume-Uni.

Le groupe a prévu un vaste plan de restructuration avec une prise de contrôle de ses activités de TO par le chinois Fosun et de sa compagnie aérienne par ses créanciers. Mais les 900 millions de livres promis ne suffisent pas et Thomas Cook a besoin de 200 millions de livres supplémentaires pour poursuivre ses activités.

Source : Thomas Cook est aujourd’hui au bord de la faillite

Impacts du changement climatique et nouvelle donne touristique

Le tourisme est de plus en plus touché par les impacts du changement climatique. Comment s’adapter pour les professionnels du tourisme et les destinations?

Oui, juillet a été encore très chaud un peu partout ! On en était tous à chercher de la fraîcheur. Et les touristes ? Et bien, ils ont fait pareil. Tout le monde est aujourd’hui d’accord pour dire qu’avec le changement climatique, les phénomènes de ce type vont se multiplier dans les années à venir.  Or, les destinations et les professionnels du tourisme sont-ils armés pour s’adapter aux impacts du changement climatique, les fortes chaleurs mais aussi l’évolution de l’enneigement en montagne, l’érosion des plages ou des sentiers, les autres problématiques climatiques soudaines (orages violents, inondations, etc.). Ce mois de juillet a permis de voir déjà des modifications dans le comportement des touristes. Et si ce n’était que le début d’une nouvelle donne touristique en France ?

La revanche des destinations fraîches

Je reprends ce titre d’un récent article des Echos que je trouve bien sympa. En effet, au mois de juillet, ça a bien été la revanche des destinations fraîches en France. Avec la canicule, les touristes (en particulier les Français) se sont dirigés vers les destinations qui pouvaient leur apporter un peu de fraîcheur. La Bretagne, la Vendée ou les Alpes ont pu ainsi recenser des professionnels du tourisme avec de larges sourires comme le dit Didier Arino, Protourisme dans les médias ces dernières semaines :

La façade atlantique et la montagne ont enregistré en juillet une progression des nuitées de 3 à 6 %, alors que leur nombre a fléchi de 2 à 8 % sur la Méditerranée.

Alors impacts du changement climatique ou simple particularité de cet été ?

Au-delà de la recherche de destinations qui ont une image perçue autour de relative fraîcheur, on a pu lire aussi l’attrait pour les points de baignade dans l’ensemble des destinations. La quête d’une mer, d’un Océan, d’une piscine, d’un plan d’eau ou autre lac de montagne pouvait vite se traduire en facteur clé de succès. Et cette tendance de fond devrait continuer tout au long de l’été. Or, ce n’est plus le seul argument à avancer. Il faudra pour les professionnels et les destinations d’agrémenter d’autres propositions expérientielles pour satisfaire tout le monde et ainsi s’adapter aux impacts du changement climatique.

Le Sud a moins la cote

De l’autre côté, la canicule a eu des conséquences sur les réservations dans les régions de la moitié sud de la France. Trop chaud, pas mal de touristes ont décidé de se diriger vers des destinations plus fraîches. Pour les 3 CRT du Sud, il va falloir trouver de sacrés arguments pour rassurer les visiteurs dans le futur alors que le soleil et la chaleur étaient toujours considérés comme les axes naturels de la communication… C’est quand même un drôle de changement non quand on y pense… Mais ce sera une réalité dans le futur ! J’imagine déjà les cartes des plages les plus fraîches, ombragées et venteuses en Occitanie ou en Provence-Alpes-Côte d’Azur… Mais surtout, au-delà de cela, il va falloir démontrer autre-chose pour attirer les publics. Les plages et la bonne bouffe ne suffiront pas pour déclencher le déclic dans la tête des potentiels visiteurs… La concurrence peut vraiment venir de n’importe où dorénavant !

Enfin, élément important qu’il va falloir prendre aussi en compte dans l’avenir, ce sont d’autres aléas climatiques comme les orages violents, les risques d’inondation (en particulier pour l’hôtellerie de plein air). Or, les professionnels sont-ils prêts à cela ? Ont-ils déjà anticipé ces problématiques qui vont se répéter dans l’avenir ?

Un littoral français grignoté par l’océan…

Que deviendrait une la Fabrique écologique montre que le littoral français est loin d’être en mesure de répondre à la montée des océans. Les territoires ne sont pas préparés face à cet enjeu. Juste pour vous donner quelques chiffres… Un quart du littoral est grignoté par la mer et 1,4 million de résidents sont à la merci de ses caprices, ainsi que 850.000 emplois, rappelle l’étude. Le coût des dommages dus à une montée des flots de 45 centimètres est estimé entre 3 et 4 milliards d’euros par an à l’horizon 2040. La facture serait encore plus salée si l’eau devait monter d’un mètre d’ici à 2100. Je vous laisse juste imaginer le tourisme dans tout ça…

La residence “Le Signal”, sur la dune, au bord de la plage, symbole de l’erosion qui ronge les cotes en Aquitaine ecologie, environnement

Montagne attractive mais fragile

Côté montagne, oui, les chiffres sont bons ! Les visiteurs cherchent la fraîcheur. Or, l’environnement montagnard ne va pas beaucoup mieux ! Habitant Grenoble et pratiquement régulièrement les sports de montagne, je l’ai vu évoluer ces vingt dernières années et j’ai pu en discuter avec de nombreux montagnards. Comme le dit parfaitement cet article de La Croix, la montagne ne tient plus debout… Alors que les glaciers rapetissent chaque année et que les chutes de neige deviennent aléatoires, c’est maintenant les écroulements rocheux qui se multiplient en haute montagne. Pour l’ensemble des professionnels de la montagne, c’est une sacrée alerte ! Selon les chercheurs, avec les canicules de juin et juillet, il a été observé une augmentation du nombre d’écroulements et du volume de roches par rapport aux années précédentes. La cause est connue : le permafrost joue un rôle de ciment entre les différents pans rocheux. Si la température augmente, c’est un château de carte qui s’écroule.

Dans ces conditions, le métier de guide de haute montagne est devenu compliqué, plus dangereux. Il faut adapter les saisons, changer les courses, etc. Et ces problèmes de sécurité inquiètent au-delà de la haute-montagne car cela pourrait pousser des touristes, moins habitués à la montagne, à changer de destinations si on leur rabâche que la montagne est dangereuse… Un argument demain pour les destinations de moyenne montagne ?

Pour le ski et la nécessité pour les stations de repenser leur modèle, je vous renvoie à mon article sur le sujet.

Quelles conséquences sur les attentes des touristes à l’avenir ?

Et pour les touristes, que cela va-t-il changer dans leurs comportements ? Et bien, le premier, ça va forcément être le renforcement des réservations de dernière minute et le raccourcissement des durées de séjour pour éviter les caprices météo. On voudra toujours s’assurer qu’il ne fait pas trop froid, pas trop chaud, pas trop pluvieux, etc. Ensuite, les visiteurs vont être de plus en plus sensibles aux engagements des professionnels pour lutter contre les aléas climatiques et assurer aussi leur sécurité. Pour les grosses chaleurs, la climatisation est une solution mais elle commence à être critiqué par l’opinion public car polluante.. Il va donc falloir faire preuve de créativité pour allier confort et fraîcheur… Pour cela, on va voir se développer des solutions bioclimatiques et des couverts végétaux un peu partout en ville comme dans les campings.

Enfin, pour les voyageurs les plus fragiles, personnes âgées, familles avec jeunes enfants, etc., des attentes spécifiques vont émerger afin de les rassurer au mieux face aux impacts du changement climatique. Les offices de tourisme vont devoir ainsi accompagner leurs professionnels pour trouver des propositions sur-mesure face à ces nouvelles attentes. Sujet aujourd’hui trop pris en compte, les professionnels et les destinations vont devoir à l’avenir anticiper et regarderont ainsi avec attention la prochaine étude commanditée par l’ADEME sur l’adaptation du secteur du tourisme aux impacts du changement climatique qui devrait sortir à la rentrée… A suivre !

Source : Impacts du changement climatique et nouvelle donne touristique

Locations saisonnières : Airbnb prend ses marques dans le luxe

Deux ans après l’acquisition de Luxury Retreats, le groupe californien Airbnb crée une gamme luxe, avec un service de conciergerie.

Début 2018, à San francisco, Brian Chesky avait  indiqué sa volonté de segmenter son portefeuille de locations saisonnières et de monter en gamme. Dont acte pour le PDG-cofondateur du géant américain, qui dévoile sa gamme Airbnb Luxe. Cette catégorie naissante correspond à « une nouvelle expérience du luxe et des voyages sur-mesure », selon un communiqué de presse.

Airbnb Luxe ne part pas d’une page blanche, mais s’appuie sur le savoir-faire du canadien Luxury Retreats, une plate-forme de location de résidences et de services de conciergerie acquise en 2017. Plus de 2 000 logements dans le monde entier sont réunis sous l’Url Airbnb.fr/luxury. Chacun d’entre eux satisfait « une évaluation stricte sur plus de 300 critères en matière de design et d’équipements », poursuit le communiqué. Les voyageurs peuvent ainsi opter pour un château en France, une villa en Toscane ou encore au Mexique (à 3 074€/nuit pour celle de 9 chambres en photo).

Un service personnalisé

Le positionnement rappelle celui de Onefinestay. D’ailleurs, comme pour cette marque d’Accor, un service de conciergerie est promis : « Chaque réservation Airbnb Luxe donne accès à un ‘concepteur de voyage’ dédié et hautement qualifié qui veillera à ce que le séjour soit adapté aux besoins uniques du voyageur à chaque phase du voyage », est-il expliqué. Ce référent peut faciliter le check-in, s’assurer de la coordination d’expériences et d’activités sur-mesure et organiser d’autres services. De la garde d’enfants à la promesse d’un chef privé en passant par des massages à domicile et des cours particuliers de sport.

En 2018, le nombre de réservations Airbnb pour des logements facturés au moins 1 000 dollars par nuit a bondi de plus de 60%. Et selon des analystes, le marché du voyage de luxe, qui vaut plus de 200 milliards de dollars, est destiné à croître dans les années à venir, ajoute le géant californien, qui compte bien prendre sa part du gâteau.

Source : Locations saisonnières : Airbnb prend ses marques dans le luxe

TUI France : le CSE hausse le ton, la direction se veut rassurante

A la suite de leur rendez-vous au ministère du Travail, les représentants du personnel demandent que la gouvernance de TUI France soit clairement établie.

A la suite de leur rendez-vous au ministère du Travail, les représentants du personnel demandent que la gouvernance de TUI France soit clairement établie.

Quelques heures après avoir demandé la nomination d’un médiateur pour restaurer le dialogue social dans l’entreprise, le Conseil social et économique (CSE) de TUI France, élu par les salariés du voyagiste, se dit « scandalisé d’apprendre de la bouche du ministère du Travail la stratégie future de TUI France ».

En effet, face aux craintes d’un nouveau plan social, les syndicalistes ont plusieurs fois demandé à rencontrer la direction pour y voir plus clair. Mais ce n’est qu’après avoir sollicité le président de la République, Emmanuel Macron, que le CSE a pu en savoir davantage. « Lors de notre rencontre avec le cabinet du ministère, nous avons appris que la direction française est écartée de la stratégie de TUI France. Tout se fait désormais en Belgique, et pas à Levallois », assure Lazare Razkallah, le secrétaire général du CSE.

Nouvelles Frontières et Passions des Îles menacées ?

Toujours selon le syndicaliste (CGT), « le montant des pertes de TUI France s’élèverait actuellement à près de 50 millions d’euros ». Une situation financière qui inquiète le CSE. « Nous avons aussi appris, à notre grande stupéfaction, que la direction belge chercherait à vendre des marques de TUI France, tout ou partie du réseau d’agences, voire certaines activités de TUI France, comme la production sur-mesure ou le service groupes », poursuit Lazare Razkallah. « Toutes ces démarches expliqueraient le retard pris par la direction belge, dans l’annonce du futur plan social », pense le CSE.

Rappelons qu’ au début de l’année, Elie Bruyninckx est devenu PDG de TUI France. Contactée par nos soins, la direction du voyagiste se veut rassurante. Elle se dit « pleinement associée à l’étude des différents projets stratégiques pour préserver au mieux les intérêts de l’entreprise et de ses salariés. Il est aujourd’hui prématuré d’évoquer ces différents projets. Il en est de même pour les cessions de marques, d’activités spécialistes et du réseau d’agences qui ne sont pas envisagées ». En indiquant que « le dialogue social reste la priorité de TUI France », la direction promet que « les différentes options stratégiques seront présentées en priorité aux instances représentatives du personnel, ainsi que les modifications de l’organisation qui pourraient en découler ».

Selon différentes sources, un nouveau plan social – le cinquième pour le voyagiste depuis 2012 – pourrait concerner jusqu’à 300 postes. Ce que la direction ne dément pas.

Source : TUI France : le CSE hausse le ton, la direction se veut rassurante